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samedi 3 mars 2012 #

Lettre ouverte aux autorités compétentes et à la presse belge : pour une Belgique sans delphinarium !

Réseau-Cétacés s'est récemment associé à Yvon Godefroid, fondateur du site "Dauphin Libre", à la Dolphin Connection et à Connaissance & Protection de la Nature du Brabant, en co-signant la lettre ouverte ci-dessous destinée aux autorités compétentes et à la presse belge.

 

 

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Le 6 janvier 2012, une jeune delphine a été retrouvée morte dans le dernier delphinarium de Belgique, connu sous le nom de « Boudewijn Seapark de Bruges ».

Flo aurait eu 14 ans le 18 juillet prochain. Elle naquit dans le bassin même où elle décéda, sans jamais avoir ressenti la caresse directe du soleil, de la pluie ou du vent sur sa peau, sans jamais avoir su ce qu'était la mer, les vagues, les algues, les rochers, les coquillages ou les poissons vivants, et sans jamais avoir eu la moindre chance de connaître un jour la liberté (1).

Selon le communiqué du delphinarium, Flo serait morte des conséquences d'une infection dentaire, alors qu'il semblerait qu'elle ait plutôt été victime d'une surdose d'antibiotiques. Récemment, deux autres dauphins sont morts pour la même raison au Connyland en Suisse. Une enquête est en cours pour faire toute la lumière sur les circonstances de ces décès, trop fréquents chez les dauphins captifs. (2)

En Belgique, il n'en a rien été. Malgré le fait que depuis son ouverture en 1971, le delphinarium ait officiellement perdu 18 dauphins et transféré 6 autres en Italie, en France, en Espagne et au Portugal, dont 2 sont morts, malgré la mise en place d'une première commission d'enquête parlementaire (3) et le dépôt d'une proposition de résolution en juin 2005 relative à l'interdiction de toute nouvelle implantation de delphinariums sur le territoire belge et au suivi médical et scientifique du delphinarium de Bruges (4), malgré un rapport accablant relatif à la détention d'animaux sauvages dans un environnement zoologique en Belgique rédigé pour ENDCAP par la Fondation Born Free (5), malgré une évaluation non moins critique de la détention des cétacés en Union européenne menée par Born Free et la WDCS (6), le SPF Santé publique (7) n'a pas bronché à l'annonce de ce 20ième décès. Les 2 rapports des 3 ONG cités plus haut ont pour leur part fait l'objet d'une fin de non-recevoir aussi expéditive qu'inexplicable par les mêmes services fédéraux et leur Ministre de tutelle, fin 2011. (8)

Il serait bon pourtant que l'on s'interroge enfin sur la pertinence de la présence d'un delphinarium en Belgique ainsi que sur l'avenir des six dauphins survivants au Boudewijn Sea Park de Bruges. (9).

Au vu du décès inopiné de Flo, de la mort de Milo en 2008, des menaces qui pèsent sur la vie du jeune Océan et de la fin prochaine de la vieille Puck, il semble clairement qu'il y ait urgence et qu'une enquête devrait être diligentée, tant pour vérifier les conditions de suivi sanitaire par le vétérinaire référent du parc que pour analyser la politique global du Boudewijn Sea Park en matière de « conservation de l'espèce ».

On le sait : ce delphinarium s'acharne à faire naître des dauphins qui meurent généralement au moment de l'adolescence ou avant l'accouchement. Il n'hésite pas non plus, lorsqu'il s'agit de dégager de l'espace, à expédier ses surplus vers des établissements non-conformes aux normes belges (10). Entre autres exemples, Linda (capturée en mer) et son fils Mateo sont détenus aujourd'hui à Gènes dans un bassin métallique où ils ne sont plus que 2. Leur isolement contrevient d'évidence aux règles imposant un minimum de 3 à 5 dauphins par bassin, chiffre qui correspond peu ou prou à celui d'une cellule familiale en milieu naturel.

Rappelons que depuis 2002, le Boudewijn Sea Park est géré par l'entreprise espagnole Aspro Ocio. (11) Cette multinationale, qui se proclame elle-même « leader du marché du loisir », détient une quarantaine de parcs marins ou zoologiques ainsi que divers centres d'attractions disséminés dans toute l'Europe, dont une « Sioux City » située aux Canaries.

En tant que succursale de ce groupe sponsorisé par Pepsi et Nestlé, le Boudewijn Seapark peut-il raisonnablement être qualifié de « zoo » ? Ses objectifs sont-ils réellement de faire découvrir aux enfants les prodigieuses cultures des cétacés et de protéger une espèce classée sur la liste rouge de l'IUCN comme étant « peu menacée », en sachant par ailleurs qu'aucun dauphin de Bruges n'a jamais été remis en mer pour renforcer les populations sauvages ?

A cet égard, soulignons que si 13 États membres de l'Union Européenne, dont la Belgique, possèdent encore un ou plusieurs delphinariums, 14 autres États, à savoir l'Autriche, Chypre, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, le Luxembourg, la Pologne, la République d'Irlande, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et le Royaume-Uni, ont fait le choix d'y renoncer, ceci pour des raisons éthiques étayées par les récentes découvertes sur l'intelligence, le langage et la vie sociale de ces mammifères marins. Selon la cétologue de réputation internationale, le Dr Lori Marino, ceux-ci sont en effet bien trop évolués que pour supporter la vie captive. (12) Quant à la Grèce, qui n'a pas habilement transformé (et protégé) son delphinarium en zoo par la magie d'une loi, elle ne peut plus exhiber ses 11 dauphins de cirque d'Attika en vertu d'une récente législation.

Il est donc plus que temps que la Belgique dénonce enfin cette pratique inutile, obsolète, cruelle et destructrice que constituent les delphinariums.

* Inutile, car sur le plan scientifique autant que sur celui de la conservation des espèces, les delphinariums sont largement disqualifiés depuis les années 70, du fait de la  dégénérescence physique et mentale des spécimens qu'ils enferment, de l'impossibilité de remettre en liberté les individus nés captifs et du problème moral que pose la captivité. (13). La seule bonne manière d'aider les cétacés, c'est de les observer et de les protéger dans  leur milieu naturel. C'est ce que font aujourd'hui tous les scientifiques sérieux. (14)

* Obsolète, car au niveau pédagogique, les delphinariums ne montrent aux enfants qu'une image humiliante de dauphins clowns et ne leur apprennent rien sur la culture, le langage, les modes de chasse ou la vie sociale de ces mammifères marins. Il existe désormais assez reportages et de voyages peu coûteux (les dauphins libres vivent partout le long des côtes européennes, y compris en Belgique !) que pour nous dispenser de ces prisons aquatiques.

* Cruelle, car aucun bassin nu ne remplacera l'océan pour ces créatures faites pour les grands espaces, les plongées profondes et la vie sociale. Le stress qu'ils y subissent constitue un facteur de morbidité bien connu des spécialistes indépendants de l'industrie du cétacé captif (14) mais également des scientifiques liés aux delphinariums (15).

* Destructrice au niveau environnemental, car les naissances en bassin ne tiennent pas leurs promesses : afin d'alimenter les nouveaux bassins qui s'ouvrent sans cesse dans le monde, des captures incessantes de jeunes femelles et de leur bébé ont lieu ou auront lieu dans tous les océans et provoquent à terme l'épuisement génétique et la disparition progressive des populations de cétacés. Ces captures ont toujours lieu dans le contexte d'une sauvagerie inouïe et parfois même sanglante, comme à Taiji, Japon. Quant aux nés captifs, ils semblent incapables de survivre au-delà d'une quinzaine d'années (le temps de vie moyen d'un dauphin libre est de 40 ans) et se reproduisent rarement entre eux. Un « fondateur » mâle, capturé en mer, s'avère encore nécessaire pour obtenir des naissances trop souvent couronnées par des avortements. (16)

Maintenir un « cirque aquatique » de ce genre en activité est une façon de cautionner cette pratique insensée, non seulement en Europe mais dans le reste du monde. En légiférant contre toute forme de captivité pour les cétacés, la Belgique encouragerait les autres nations à faire de même et à comprendre une fois pour toutes que les dauphins sont des créatures hautement intelligentes dotées de cultures propres qui sont faites pour nager en mer libre, et non dans une fosse en béton remplie d'eau chlorée. (17)

A cette fin, nous demandons aux autorités fédérales responsables qu'elles :

* déterminent de quelle façon la fermeture du delphinarium de Bruges pourrait être menée à bien dans des délais raisonnables.

* fassent interrompre immédiatement le programme de reproduction.

* définissent les mesures à prendre pour que les dauphins actuellement détenus puissent à terme bénéficier d'un accueil décent dans une baie marine close en Croatie, Roumanie, Chypre, ou tout autre pays d'Europe opposé à la captivité et susceptible d'en prendre soin.

 

Yvon Godefroid

Membre du « Cetacean Freedom Network » depuis 1998

Délégué de La Dolphin Connection en Belgique

dauphinlibre.be  

La Dolphin Connection

ladolphinconnection.com

Réseau-Cétacés

reseaucetaces.fr

Connaissance & Protection de la Nature du Brabant

cpnbrabant.eu

 

Liens :

(1) http://www.dauphinlibre.be/flo-le-dauphin-meurt-au-boudewijn-seapark-de-bruges.htm

(2) http://www.tdg.ch/suisse/faits-divers/Les-deux-dauphins-sont-morts-a-cause-dantibiotiques/story/26633075

(3) http://www.dauphinlibre.be/giet.htm

(4) http://www.lachambre.be/FLWB/pdf/51/1430/51K1430003.pdf

(5) http://www.bornfree.org.uk/zooreports/Belgium-Fr/pages/BFF_EZR_BELGIUM_SML_FINAL_.pdf

(6) http://www.ladolphinconnection.com/Rapport_WDCS_Delphinariums_UE.pdf

(7) http://www.health.belgium.be/eportal/index.htm

(8) http://www.dauphinlibre.be/zoos-en-belgique.htm

(9) http://www.dauphinlibre.be/dauphinsbruges.htm

(10) http://reflex.raadvst-consetat.be/reflex/pdf/Mbbs/1999/08/19/63330.pdf

(11) http://www.aspro-ocio.es/index.php

(12) http://www.dauphinlibre.be/dauphins-trop-intelligents-que-pour-rester-captifs.htm

(13) http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0024121

(14) http://www.wilddolphinproject.org/

(15) http://onlinelibrary.wiley.com/maintenance/

(16) http://www.dauphinlibre.be/breeding.htm

(17) http://www.blog-les-dauphins.com/conference-helsinki-declaration-de-droits-pour-les-cetaces-baleines-et-dauphins/

 

 

posted @ samedi 3 mars 2012 10:48 | Feedback (2)

Des réserves naturelles mobiles pour protéger les espèces marines...

Des espèces menacées pourraient bien être sauvées par la mise en place de réserves naturelles mobiles, sortes d’îlots de protection se déplaçant avec les animaux en danger.

 

 

Stenella frontalis - Bahamas ---(C) WIlly Volk_Flickr.jpg



 

Malgré les réglementations sur la chasse et la pêche, de nombreuses espèces marines en voie de disparition sont toujours victimes de captures accidentelles des filets de pêcheurs. De fait, les réserves naturelles où tortues, requins, albatros et autres espèces migratrices sont protégées ne sont pas suffisantes. Lors du meeting annuel de l’American Association for the Advancement of Science à Vancouver (Canada), des scientifiques ont donc avancé une idée originale : la création de réserves naturelles mobiles qui suivraient le déplacement des espèces.

Les chalutiers y seraient interdits pendant une certaine période, jusqu’à ce que les cétacés, mammifères marins ou autres poissons aient migré vers un autre lieu. Ces zones, qui bougeraient en fonction des saisons et des courants océaniques, seraient notamment fermées aux pêcheurs pendant les périodes d’accouplement ou de transit des espèces menacées. Au total, elles viendraient renforcer les aires de protection déjà existantes. « Les réserves fixes sont peu efficaces pour protéger les animaux très mobiles comme la plupart des poissons, des tortues, des requins et des oiseaux marins », a constaté Larry Crowder, directeur scientifique du Centre de solutions pour l’océan de l’Université de Stanford (Etats-Unis), cité par nos confrères du Guardian. « Nous voyons les aires de protections comme des endroits clos dont les limites sont tracées sur une carte. Mais les différentes zones des océans ne sont pas des lieux clos, elles se déplacent », a-t-il ajouté. D’autant qu’avec le réchauffement climatique et l’augmentation de la température des océans qui en découle, de plus en plus d’espèces migrent afin de trouver de nouveaux lieux d’habitat, plus adaptés à leur mode de vie.

Satellites et GPS au service de la protection des animaux

Si l’idée n’est pas nouvelle, elle n’aurait cependant pas pu être appliquée plus tôt. Les progrès réalisés en imagerie satellite et dans le suivi des espèces grâce au système de localisation GPS ne permettent en effet la mise en place de ces réserves mouvantes que depuis quelques années. Les scientifiques peuvent désormais suivre de façon très détaillée les mouvements de plusieurs espèces marines. Equipés d’un appareil GPS, les équipages de chalutiers pourraient quant à eux bénéficier de cartes mises à jour chaque année ou chaque saison afin de connaître les aires non-accessibles, réservées à la protection des espèces vulnérables.

Une première réserve mobile pourrait être installée dans le nord du Pacifique en vue de protéger une zone où deux grands courants se rencontrent, apportant dans leurs eaux du plancton, des petits poissons, des tortues et de grands prédateurs. Cette zone de convergence est toujours pleine de vie, mais se déplace de saisons en saisons. « En été, elle se situe plus au nord, à 1 800 kms de sa position hivernale », explique M. Crowder. Une autre contrée intéresse particulièrement les experts. Connue sous le nom de « Café des requins blanc », il s’agit d’un lieu de rencontre et d’accouplement situé à 2 000 kms des côtes de la Californie. Alors que les changements climatiques pourraient faire dériver la zone dans plusieurs années, une réserve mobile accompagnerait les requins afin de les protéger sur le long terme.

D’après les scientifiques à l’origine de cette proposition, les réserves naturelles mobiles ne vont pas à l’encontre de la pêche et devraient même ouvrir de nouvelles zones jusque là interdites. Reste à convaincre les chalutiers, qui préfèreront sans doute celles où tous les poissons migrent et se regroupent…

 

Source :  zegreenweb.com  (20.02.12) 


posted @ samedi 3 mars 2012 10:29 | Feedback (0)

L'acidification des océans sans précédent depuis 300 millions d'années...

Les océans s'acidifient à un rythme sans précédent depuis 300 millions d'années, absorbant des quantités grandissantes de gaz carbonique produit par les activités humaines, selon une recherche parue jeudi qui met en garde contre les effets dévastateurs pour l'écosystème marin. 
 
 
 

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"Bien que des similarités existent, jamais au cours de cette période les taux d'acidification n'ont représenté, dans leur évolution, un tel impact potentiel sur la chimie organique des océans, conséquence des émissions sans précédents de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère", explique un des auteurs de cette étude, Andy Ridgwell, professeur à l'Université de Bristol, au Royaume-Uni. Au cours des cent dernières années, le CO2 a augmenté de 30% dans l'atmosphère pour atteindre 393 parts par million (ppm) tandis que son pH a diminué de 0,1 unité à 8,1, signe d'une plus grande acidité. 

Cela représente un rythme au moins dix fois plus rapide que depuis 56 millions d'années, souligne Bärbel Hönisch, une paléocéanographe de l'Université Columbia (New York, nord-est des Etats-Unis) et principal auteur de ces travaux publiés dans la revue américaine Science du 2 Mars. Selon le Groupe d'experts sur l'évolution du climat (Giec), le pH des océans pourrait baisser de 0,3 unité de plus d'ici la fin du siècle pour s'établir à 7,8. "Une telle acidification accroît le risque que les océans subissent bientôt des bouleversements comparables à ceux observés durant le Maximum thermique du passage du Paléocène à l'Eocène", il y a 56 millions d'années, estiment ces chercheurs de cinq pays. 

A la suite d'un doublement inexpliqué des taux de CO2 dans l'atmosphère, les températures mondiales avaient alors augmenté de 6°C en 5.000 ans, avec une montée correspondante des océans, bouleversant les écosystèmes. Il est estimé que de 5 à 10% des espèces marines ont alors disparues au cours des 20.000 années suivantes, des taux très élevés. Cet épisode a été mis au jour au début des années 90 quand des scientifiques ont extrait des sédiments au fond de l'océan dans l'Antarctique. Selon leurs analyses, ce réchauffement brutal est le résultat d'une très forte augmentation soudaine et inexpliquée des émissions de CO2 dont les concentrations ont doublé dans l'atmosphère. 

"Nous savons que durant les périodes passées d'acidification des océans -- résultat alors d'un fort accroissement du CO2 atmosphérique provenant de gigantesques éruptions volcaniques-- la vie n'a pas été entièrement anéantie mais de nouvelles espèces ont évolué pour en remplacer d'autres qui se sont éteintes", relève Bärbel Hönish. "Mais si les émissions de CO2 industrielles continuent au rythme actuel nous pourrions perdre des organismes marins auxquels nous tenons comme les récifs coralliens, les huîtres et les saumons", prévient-elle. Si le CO2 est absorbé trop rapidement dans l'océan il peut épuiser le carbonate dont ont besoin les coraux pour développer les récifs ainsi que les mollusques et certains planctons pour leur coquillage, explique la paléoceanographe. 

Une des conséquence de cette situation, c'est la dissolution des coquilles de phytoplancton dont les résidus se déposent sur les fonds marins et y forment une couche de boue qui détruit les foraminifères, des organismes unicellulaires. Une étude publiée dans la revue britannique Nature en 2011 montre qu'une diminution du pH à 7,8 --donc une plus grande acidité-- dans les récifs coralliens au large de la Papouasie Nouvelle Guinée, a entraîné un déclin jusqu'à 40% de ces coraux. Christopher Langdon, biologiste océanographe de l'Université de Miami (Floride, est), co-auteur de cette recherche, pointe "combien il est difficile de rapidement inverser une telle situation". "Une fois que des espèces se sont éteintes c'est pour toujours", ajoute-t-il jugeant que "nous jouons un jeu très dangereux".
 
 

Source :  7sur7.be  (01.03.12) 

 

Actualité récente en rapport :

L'océan contaminé par les maladies des animaux terrestres...  

 

 

posted @ samedi 3 mars 2012 10:18 | Feedback (1)

L'océan contaminé par les maladies des animaux terrestres...

L'océan malade de la terre. En examinant les mammifères marins morts, déposés sur les rives canadiennes, un biologiste a découvert qu'ils étaient victimes de maladies frappant habituellement les animaux élevés par l'homme.

 

 

(C) Rossiter_CSI 0303.jpg



 

Le biologiste, Andrew Trites, en examinant les mammifères marins morts déposés sur les rives du Canada, a découvert qu'ils étaient victimes de maladies frappant habituellement les animaux élevés par l'homme. Les parasites, les champignons, les virus et les bactéries passent plus facilement de la terre à la mer à cause de l'action de l'homme qui bétonne ou assèche des zones marécageuses, qui jouaient le rôle de filtre naturel, et qui pratique une agriculture intensive. Ainsi, le parasite cellulaire toxoplasma gondii, qui provoque des avortements chez les vaches, menace aussi les animaux marins, déjà touchés par la pollution causée par l'homme.

"L'écosystème subit des changements dramatiques"

Par ricochet, cet océan malade peut aussi menacer l'homme pour qui la mer est un lieu de vacances, un lieu de travail, ou encore une source de nourriture, ont averti des chercheurs couvrant la rencontre annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science (AAAS).  L'évolution des maladies touchant la faune marine "pourrait avoir un impact encore non reconnu chez l'homme", a mis en garde Melissa Miller, vétérinaire californienne. "Nous vivons dans les mêmes zones et mangeons souvent les mêmes aliments", a-telle précisé.

Le symposium "Surnager dans les mers malades" n'était qu'une des nombreuses sessions offrant une image sombre des océans, de plus en plus acides, de plus en plus chauds dans certaines régions, ou encore envahis par les glaces fondantes ou touchés par d'autres effets du changement climatique.  "L'écosystème des océans subit des changements dramatiques", explique Jason Hall-Spencer, de l'Université de Plymouth au Royaume-Uni. Il s'appuie sur ses recherches en Italie, en Basse-Californie et en Papouasie-Nouvelle Guinée qui aboutissent au même constat : "avec la hausse du taux de dioxyde de carbone, on voit une chute de 30% des microbes, plantes et animaux" dans les océans".

Des industries de la mer menacées

L'acidité croissante des océans, causée par le CO2 venant des carburants fossiles, tue le naissain (les larves d'huîtres et de moules notamment) dans le monde entier. Sur les côtes pacifiques du nord-ouest du Canada et des Etats-Unis, la destruction des élevages de mollusques menace une industrie dont le chiffre d'affaires atteint 200 millions de dollars, a souligné Mme Hofmann. Dans un autre domaine, Lisa Levin, de l'institut d'océanographie Scripps de La Jolla en Californie, met en garde contre les menaces que le réchauffement de l'eau de mer et par conséquent la diminution de sa teneur en oxygène font peser sur les organismes vivant dans les profondeurs depuis des millénaires.  "Nous n'avons vu que moins de 5% de ces habitants des grands fonds et si nous les éliminons, nous ne les verrons jamais", précise Lisa Levin, convaincue que certains d'entre eux pourraient être très utiles à l'homme.

Les chercheurs ont appelé à une surveillance accrue des risques qu'entraîne pour la santé humaine une plus grande présence de parasites et pathogènes d'origine terrestre chez les mammifères marins.

 

Source :  lci.tf1.fr  (22.02.12)

 

 

posted @ samedi 3 mars 2012 10:04 | Feedback (0)